François Royet, réalisateur
un chaos de roseaux, de joncs où le monde de l’air et le monde de l’eau ne sont guère dissociables. De nombreuses espèces (grenouilles, brochets, foulques, grèbes, putois, hérons huppés, râles…) se côtoient ainsi, entre ciel et eau, et semblent vivre en autarcie depuis la nuit des temps. C’est un combat sans fin pour donner la vie et pour la conserver : chaque chasseur est chassé par plus puissant, par plus rusé que lui. Ici la vie éclate dans ce qu’elle a de plus cruel, de plus primaire, de plus fondamental mais la grâce et la beauté y trouvent aussi leur place. Le film ne se veut pas un descriptif naturaliste des espèces présentées, il tente simplement de chercher à comprendre le processus vital qui les lie dans un équilibre saisissant. Ce film qui a toutes les apparences d’un documentaire n’en est, en fait, pas un au sens strict. Il emprunte la forme du documentaire, mais a été entièrement écrit et réalisé comme une fiction. En effet, chaque événement qui le com- pose a été imaginé (à partir de faits réels) et ordonné dans le but d’obtenir une construction dramatique précise, totalement aboutie à l’étape du scéna- rio. Les protagonistes de cette “histoire animalière” ont également été traités comme dans une fiction : ils sont des “personnages animaux” caractéri- sés chacun par les attributs de l’espèce qu’ils représentent. Bien sûr, nous nous sommes continuellement attachés à ce que l’illusion d’images prises sur le vif fonctionne (utilisation de très longues focales, avant plans flous, etc.), à ce que les événements racontés aient une base solidement ancrée dans le réel, et enfin, à ce que les comportements des ani- maux soient rigoureusement justes. PROPOS de François Royet VIE SAUVAGE DANS LES ROSEAUX dans un territoire mystérieux Ce film nous entraîne nommé roselière : 19
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